16 juin 2009
Le fric, c'est chic ou c'est toc ?
On a tous un rapport différent à l’argent, souvent fusionnel, parfois obsessionnel, rarement neutre, mais qui révèle toujours beaucoup sur notre personnalité. Voilà qui mérite une petite analyse, d’abord introspective puis élargie à mes connaissances. Toute ressemblance avec des personnes existantes serait bien évidemment totalement fortuite…
Si l’argent ne fait pas le bonheur, on sait bien qu’il y contribue largement. En ce qui me concerne, je ne serai probablement jamais riche et, je l’espère, jamais pauvre. Il me plait de croire que l’argent n’est pas un problème pour moi. Je dispose d’un budget qui me permet d’accéder non seulement à mes besoins élémentaires, mais également à mes principaux petits plaisirs. Pourtant, mes actes d’achat sont presque toujours réfléchis. Chacune de mes dépenses doit répondre à un besoin précis (pas forcément matériel). Tout doit être compté (je vérifie mes comptes au centime près et les découverts me sont inconnus).
Je me considère économe ; les mauvaises langues disent plutôt radine. Ne pas laisser l’argent s’envoler par les fenêtres n’interdit pas une certaine forme de générosité, même timide… Il y aurait d’ailleurs beaucoup à dire sur la générosité : donner aux autres peut relever d’un pur altruisme, mais peut être aussi un moyen de se valoriser, de se sentir puissant / supérieur ou, accessoirement, de payer moins d’impôts… Mais là n’est pas mon propos du jour.
La valeur de l’argent
Je défends la thèse suivante : le comportement d’achat ne dépend pas seulement de nos finances, mais dépend surtout de la valeur que nous accordons aux choses. Or, la valeur est souvent indépendante du prix. Par exemple, est-ce que je peux me payer le « Premier flirt » de Lancel (pour les non initiés, il s’agit d’un sac à main à 600€) ? Oui, je le peux (même sans manger des pâtes pendant 6 mois). Mais, à supposer qu’il me plaise, suis-je prête à l’acquérir ? Voyons, ça mérite réflexion : un beau sac en cuir vaut-il cette somme-là ? C’est l’équivalent d’une escapade à New York (miam), de 3 mois d’électricité (bof), d’un portable dernier cri, etc… Et donc là, je me dis naturellement que je ne souhaite pas mettre ce prix pour un sac à main (je préfère donc les voyages et les équipements high tech). Sans compter le fait qu’une femme adore changer de sac en fonction de ses tenues et qu’il faudrait, en toute logique, posséder plusieurs sacs du même « standing ».
J’ai néanmoins des amies, dont le look savamment étudié ne laisse rien au hasard, qui « collectionnent » les sacs de créateurs (à la réflexion, pas tant que ça…) et à qui il ne viendrait pas à l’idée de sortir avec un sac H&M. Pourtant, la « fashion intelligencia » ne jure que par ces subtils mélanges de genres… Branché ≠ cher.
Autre exemple de rapport valeur / prix qui divise nos pratiques : un repas dans un grand restaurant. Si certains épicuriens sont prêts à dépenser de grosses sommes (y a-t-il des limites ?) pour déguster les mets d’un grand Chef, je sais qu’à partir d’un certain montant, ça a tendance à me couper l’appétit. Et je vais alors m’intéresser davantage au service, au cadre ou à la présentation, qu’à la subtilité des saveurs. Si, si, pourtant j’aime manger…
Alors, radine ? Sans doute un peu. Mais c’est aussi parce je sais que l’on peut manger aussi bien pour moins cher. Il y a donc également un rapport avec l’offre. C’est bien connu, ce qui est rare est cher, donc l’inverse doit fonctionner. Bref, ce n’est pas non plus dans la nourriture que j’aime dépenser mon argent.
Les voyages peut-être… Sauf que là encore, j’aime les plaisirs simples, les endroits sauvages, loin du tourisme de masse et de ses hôtels de luxe. Le Club Med, pas trop mon genre… J’opte plutôt sur les bungalows rudimentaires les pieds dans l’eau.

Je dépense donc je suis ?
Comment diable dépenser son argent alors ? S’il est un domaine qui offre des possibilités illimités, c’est bien celui des services. Et en plus, ça crée des emplois, chouette ! Mais est-ce bien raisonnable de tout sous-traiter ?
Il est de nos jours assez commun d’employer une femme de ménage quelques heures par semaine, ce qui permet de se dégager du temps pour des activités plus gratifiantes. Un rêve accessible pour toutes les femmes.
Plus rare, mais très à la mode, recruter un coach sportif. C’est pour ceux que la salle de gym rebute et/ou qui n’ont pas suffisamment de volonté pour se bouger tout seul. Pourquoi pas…
Ceux qui n’ont pas le sens de l’organisation ou pas assez de temps à y consacrer, peuvent faire appel à des spécialistes de l’événement : mariage, grosse fête à domicile, week-end entre amis… tout est possible.
Et puis, pour ceux qui n’ont pas confiance en leurs goûts (ou une personnalité sous-développée ?), il y a les conseillers en décoration (coach déco, home staging…) et les stylistes personnels, qui sont censés savoir ce qui nous va ou pas… A quand un coach pour nous aider à élever nos enfants, pour booster notre vie sexuelle ou nous indiquer le métier qui nous sied le mieux ? Comment ça, ça existe déjà ?
A un certain stade de délégation, c’est plutôt à un psy qu’il faut faire appel…
- Il y a ceux qui aiment l’argent parce qu’ils en ont manqué dans leur enfance,
- ceux qui ne sont pas à l’aise d’être nés avec une cuillère en or dans la bouche et cherchent désespérément à s’émanciper de la tutelle familiale,
- ceux qui croient pouvoir compenser le manque de richesse de leur âme avec l’argent et pallier ainsi leurs petites faiblesses,
- les parvenus qui affichent leur richesse et en veulent toujours plus,
- les riches autodidactes qui tentent de combler leur manque de culture ou leurs capacités intellectuelles limitées grâce à l’argent,
- les pauvres qui convoitent ce qu’ils ne peuvent pas s’offrir (et qui peuvent aller jusqu’à voler ou tuer pour l’obtenir),
- les dépensiers et les gestionnaires…
… quel que soit notre comportement, l’argent guide notre vie d’une manière ou d’une autre. Aujourd’hui tout s’achète, ou presque.
Mais, in fine, seule la satisfaction liée aux petits plaisirs gratuits n’a pas de prix.
19:52 Publié dans Introspection | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : argent, fric, richesse, dépenses







Commentaires
Ecrit par : mimi | 16 octobre 2009
Ecrit par : Capucine | 16 octobre 2009
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