26 juin 2009
Est-il absurde de désirer l’impossible ?
Petit florilège des sujets de philo proposés au Bac cette année :
- que gagne-t-on à échanger ?
- le langage trahit-il la pensée ?
- peut-on être sûr d’avoir raison ?
- peut-on se passer de religion ?
Vastes dilemmes !
Tandis qu’en mon temps, j’avais dû plancher sur un sujet sur la passion, je suis aujourd’hui beaucoup plus inspirée par la question existentielle suivante : est-il absurde de désirer l’impossible ? Allez, je m’y colle… Mais ici pas de thèse, antithèse, synthèse (quoique…). C’est la liberté du propos qui prime et je défie quiconque de mettre une note à ma prose !
Un peu de vocabulaire en préambule
Absurde : contraire à la logique, à la raison ou au sens commun
Désirer : souhaiter, avoir envie de, aspirer à
L’impossible : fait qui ne peut être réalisé, qui sort des limites du possible.
Non, ce n’est pas absurde
Nombre de grands hommes ont accompli de grandes choses d’abord parce qu’ils y ont cru : Winston Churchill (« agissez comme s’il était impossible d’échouer »), Napoléon Bonaparte (« impossible n’est pas français ») ou Jacques Cœur (« à cœur vaillant, rien d’impossible »).
Rêver n’est pas un crime. Il n’y a pas de mal à vouloir décrocher la lune. Un de mes principes de vie consiste à avoir des rêves pour pouvoir les réaliser. Le pire serait de ne rien désirer, de n’avoir aucune passion, aucune envie, de se contenter de ce qui tombe du ciel, d’être spectateur de sa vie.
Et puis, viser l’impossible, c’est se surpasser pour réussir. Echouer là où on a donné le meilleur de soi-même ne sera jamais ni décevant ni frustrant.
Oui, c’est absurde
Mais à l’impossible, nul n’est tenu... Si nos désirs dépassent les limites du possible, ils ne pourront inéluctablement être comblés. Des rêves inaccessibles peuvent générer déconvenue, frustration, voire dévalorisation de soi. Le retour à la réalité n’est généralement pas sans conséquence.
Certes, il y a différents degrés dans l’impossible. Vouloir avoir la peau blanche quand on naît Africain conduit aux excès que l’on a vu chez Michaël Jackson (paix à son âme !) ; désirer être grand quand on ne l’est pas est complètement illusoire ; aspirer à devenir milliardaire sans jouer au loto est utopique.
A contrario, même si sauter en parachute alors que j’ai peur du vide me semble impossible, ça ne l’est « techniquement » pas. Question de volonté !
Le plus absurde serait d’avoir des désirs très ambitieux, mais d’être incapable de mettre en œuvre les moyens de les atteindre.
La voix de la sagesse
Pour avancer et atteindre le stade d’épanouissement le plus abouti de la pyramide de Maslow, il est important d’avoir des désirs. Mais désirer sans agir ne mène pas à grand chose. D’où la nécessité de se fixer des objectifs et de veiller à ce qu’ils restent « SMART » : spécifiques (pouvoir décrire précisément le résultat attendu), mesurables, ambitieux, réalistes (prendre en compte ses moyens, ses compétences et le contexte) et temporels (définis dans le temps).
Un peu théorique comme approche ? Mouais, c’était histoire de rationaliser un peu. Finalement, il est moins absurde de désirer l’impossible que de ne rien désirer du tout. Je désire donc je suis.
Le comble de l'absurde ne serait-il pas de ne pas désirer que son propre père guérisse de sa maladie incurable ?
15:14 Publié dans Introspection | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sujets bac philo, désirer l'impossible, rêves inaccessibles, décrocher la lune








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