05 décembre 2009
Comme des mouches sur de la confiture
Je travaille dans une entreprise où les hommes sont majoritaires, mais se situent principalement dans la tranche d’âge 45-55 ans. Alors, quand un jeune est recruté, son arrivée dans le bâtiment ne passe pas inaperçue. Surtout quand le jeune homme en question est une véritable gravure de mode. 25 ans, genre brun ténébreux qui trouverait parfaitement sa place dans une pub de parfum masculin.
Nous voici donc, mes collègues féminines (la trentaine et des poussières) et moi, toutes émoustillées par le regard profond du stagiaire du 3ème étage. Au point d’organiser des pauses thé ou café tous les jours à la même heure non loin de son bureau, en espérant le croiser... Genre pub Coca Cola Light des années 90 :
Si, par bonheur, on le croise, on le salue et on tente d’obtenir une réponse à nos questions banales. Il s’exécute toujours poliment. Puis on s’éclipse dans le couloir, un large sourire aux lèvres, et on glousse comme des pintades. Notre manège se voit comme le nez au milieu du visage. Il a forcément capté notre petit jeu, mais nous continuons sans nous en soucier.
Voilà comment perdre 20 ans d’âge mental... Mais qu’est-ce qui génère tout à coup un tel comportement d’écervelée ?
Pas besoin d’une analyse psychologique profonde pour se rendre compte que dans une telle situation, le cerveau est totalement anesthésié par les hormones. On n’a pas trop l’habitude de voir des beaux gosses dans notre journée de travail. Or, ce qui est nouveau est forcément excitant.
Et puis, la crise de la trentaine nous travaille. On a beau être toutes casées, on a toujours besoin d’être rassurées en permanence sur notre capacité à séduire. Sachant que séduire un homme de moins de 30 ans est une autre gageure que de plaire à ceux de plus de 45...
Il y a aussi le piquant d’une possible compétition entre femmes. C’est à celle qui obtiendra le plus d’attention de la part du stagiaire. Voire plus ?
Paradoxalement, non. Ceci n’est qu’un petit jeu de séduction sans conséquence. Il n’y a rien de tangible à gagner puisque nous sommes toutes en couple. Nous nous y prendrions d’ailleurs différemment si nous cherchions à obtenir davantage qu’un sourire, un regard, un échange de paroles amicales. On se montrerait sous notre meilleur jour et pas comme des mouches sur de la confiture.
Au final, l’intérêt est superficiel. On le trouve très beau, point barre. On ne compte pas s’en faire un ami, on se fiche de savoir s’il est intelligent ou sympathique. Le but est de rester dans le pur fantasme, dans le concept de l’homme objet.
Et c’est seulement là que je me dis que nous ne sommes pas très correctes avec lui et que ce n’est pas la meilleure façon d’accueillir un stagiaire dans une entreprise...
16:45 Publié dans Introspection | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note







Commentaires
Écrit par : kti | 05 décembre 2009
Écrit par : Philippe | 10 décembre 2009
Écrit par : Capucine | 10 décembre 2009
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